Comment en arrive-t-on à décider de construire seul (ou presque) sa maison ?
Cela me semble évident ! Quand on voit les photos des maçons dans les magazines ou les catalogues de bricolage, de matériaux et autres revues
ou livres traitant du sujet, on se dit qu'en devenant soi-même maçon on va leur ressembler !
...Pardon ? Ah non !... Apparemment, Carole me dit que ce n'est pas pour cela même si j'ai bien quelques kilos superflus...
Plus sérieusement:
On ne se lance pas comme cela dans l'autoconstruction. En général, en plus d'être très bricoleur, il faut avoir de bonnes notions de
maçonnerie. Ce qui est mon cas puisque j'ai eu la chance de faire beaucoup de rénovation avec mon père. Nous avons en effet "retapé" une vieille
ferme (je devrais plutôt dire une étable) qui est maintenant la maison dans laquelle ils profitent de leur retraite. Aujourd'hui, j'utilise
le mot "chance", mais à l'époque (plus de vingt ans en arrière) je ne voyais pas la chose du même oeil : lorsque j'ai quitté le cocon
familial, je m'étais juré de ne plus jamais refaire cela tellement j'en avais soupé du béton (il faut dire que c'est une très grande maison!)
Et voilà ! vingt ans plus tard (presque jour pour jour) je replonge de mon plein gré...
Plusieurs raisons à cela:
Bien sûr, la première motivation est financière. Mes "notions" de maçonnerie font que je "saute au plafond" lorsque Carole me montre les
premiers devis des constructeurs. J'ai quand même de bonnes notions de la valeur des matériaux et même si tout a considérablement augmenté
depuis le passage à l'euro et que la main d'oeuvre coûte chère, les prix nous semblent quand même excessifs. Il est certain que la profession du
bâtiment a largement profité de l'engouement des ménages à construire (prix de l'ancien très élevé, taux d'intérêts relativement bas). A titre
d'exemple, on nous a présenté des devis allant de 60 000 à 93 000 euros uniquement pour le gros oeuvre (hors toiture évidemment !) : ces devis
englobaient un minimum de fondations, le vide sanitaire et des murs en parpaings... Pour comparaison, les devis que nous avons faits établir par
Point P sont de l'ordre de 30 000 euros environ. Saisissante comme différence !
Le gros oeuvre que nous avons entrepris n'a rien à voir en termes de finitions : des fondations plus nombreuses (pas de poutrelles) allant
jusqu'à 70 cm, du ferraillage deux fois plus important, un vide sanitaire de 1m en parpaings pleins, une dalle en hourdis polystyrène isolant
(M4 U=0.27 pour les connaisseurs) et des murs en béton cellulaire de 30 cm d'épaisseur ne nécessitant pas d'isolation rapportée.
Imaginez la facture de ce gros oeuvre fait par un professionnel !...
La deuxièmeque motivation est évidemment le souci du travail bien fait doublé d'une "maniaquerie" excessive... La majorité des professionnels
travaillent sans doute très bien. Mais tout ce que nous avons pu lire concernant des vices de constructions et des procès interminables
dont ne peuvent se sortir certains particuliers nous ont conforté dans notre choix.
Bien sûr, si nous avions disposé du budget nécessaire à la réalisation de notre projet, nous n'aurions pas hésité à engager des artisans et
nous aurions pris un malin plaisir à les "surveiller" du matin au soir.
Mais avec du recul et maintenant que nous avons terminé la première partie du gros oeuvre nous éprouvons une satisfaction telle que cela
nous encourage à réaliser la suite.